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Enfin un blog avec des vrais morceaux de socio dedans, des articles qui font du bien à l'intérieur et ça se voit à l'extérieur!
Le blog de David Peyron. Les analyses, refléxions et commentaires (multi-) médiatiques et culturels d'un doctorant qui travaille sur la "culture geek"
Enfin un blog avec des vrais morceaux de socio dedans, des articles qui font du bien à l'intérieur et ça se voit à l'extérieur!
Je vous avoue, j'ai eu peur. J'ai vu les premières images de David Nolande la série fantastique de France 2 au cinéma. J'ai trouvé cette bande annonce réussie, bien filmée, belles couleurs, mais ça me semblait trop américain. Oui, je milite pour une amélioration de la qualité des séries françaises, en retard sur les Etats-Unis. Mais ce n'est pas une raison pour faire exactement comme eux, pour reprendre à la lettre leurs recettes. Il faut au contraire trouver notre identité dans la qualité, et j'avais peur que David Nolande ne soit que ça. J'étais prêt à faire une critique assassine, me félicitant de l'essai mais déplorant la perte de toute marque de fabrique de toute originalité, finalement j'avais peur que ça soit une série Allemande. Car c'est ça les séries Allemandes, des sous produits américains, en moins bien.
Et bien pas du tout. Je me suis fait avoir par mes a priori. Oui, on sent une influence américaine. Forcément, ce sont les seuls à faire des bonnes séries fantastiques depuis vingt ans. En France la dernière était Belphégor. C'était bien, c'était d'ailleurs l'époque ou la télévision française faisait des bonnes séries (je pense aussi aux Brigades du Tigre). D'ailleurs tous les gens qui regardaient ces séries dans leur jeunesse nous en parlent avec émotion et plaisir, ferons nous de même pour Julie Lescaut dans 20 ans? Je ne crois pas, parce que cette série est destinée avant tout à la ménagère de moins de 50 ans, donc il faut faire du consensuel. Mais qui a décidé ça? Des bureaux de tendances comme on en trouve dans les agences marketing, ceux qui ont vraiment le pouvoir aujourd'hui.
Je ne vais pas revenir sur les raisons qui font qu'aux Etats-Unis on peut voir des séries plus innovantes, mais je rappelle juste que c'est lié à la structure de leurs réseaux de télévision et à la taille de la population américaine. Tout ça pour dire, que oui, David Nolande est une série fantastique, et donc oui on peut voir des liens avec des références venant d'outre Atlantique. Mais c'est une série française et ça se sent. Ca se passe à Paris, ce qui joue déjà beaucoup mais il n'y a pas que cela. Le héros qui après avoir tué une gitane se retrouve maudit et doit sauver la vie de personnes qu'il voit en rêve, n'est cru pas personne. Il arrive à convaincre son meilleur ami après de nombreuses preuves, et encore il n'est pas totalement sur que tout n'est pas que coïncidences. On est donc dans le pays de Descartes. Dans les séries américaines le fantastique est souvent pris comme tel, sans discussion particulière.
Les lumières sont effectivement très bien faites, l'ambiance est sombre verte et grise. Et surtout les séquences rêvées sont magnifiques. Pas floues, comme souvent, mais simplement, mais filmées de manière subjective et mouvantes, comme si nous étions un esprit qui suit les mouvements du futur mort. LE scénario est intelligent et simple à la fois et on sent vraiment le poids de la malédiction sur les frêles épaules du héros torturé. Bon là, le bas blesse un peu, j'ai beau avoir apprécié cette série (oui vous ne rêvez pas une série française), Frédéric 'taxi 1,2,3,4, 3,1415...' Dieffenthal joue comme une patate. Il à une belle gueule, il est bien habillé, bien filmé et donc quand il parle pas ça va. Mais dès qu'il ouvre la bouche c'est moins crédible. J'avais déjà noté ses tics de langage dans Taxi, et j'avais mis ça sur le compte d'une mauvaise direction d'acteur, mais là il persiste et signe. Comment un réalisateur peut-il laisser un acteur finir toute ces phrases par "la"? "Mais qu'est ce que je vais faire la!" "J’en ai marre la!" "C’est ma faute la"... Dans tous les films ou téléfilms avec cet acteur je l'ai vu utiliser à outrance ce la.
C'est un vrai tic d'acteur débutant, les petits mots de fin de phrase permettent d'accentuer un jeu hésitant. On utilise tous dans la vie quotidienne ce type de mots pour renforcer nos discours, souvent c'est "quoi" qui est ajouté: "j'ai rien fait quoi!" "Oh ben on était une dizaine quoi". Le truc c'est que vraiment désagréable quoi!
Bon allez soyons indulgent c'était vraiment divertissant et pas trop débile, vivement qu'il rêve de la mort de Julie Lescaut...à suivre
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