Chantons sous la pluie de séries

Publié le par David

Oyez oyez qui que vous soyez, voyageur impudent et imprudent de la blogosphère me revoilà ! Je voudrais commencer cet article par une information qui va intéresser peu d’entre vous, car la plupart des visiteurs de ce blog (au succès toujours grandissant, bientôt côté en bourse) ne me connaissent pas personnellement - ou alors j’ai beaucoup plus d’amis que je le pensais. Bref tout ça pour dire que j’ai eu 18 à mon mémoire sur les geeks et que donc je suis parti pour faire une thèse avec un professeur motivé et motivant.  Passons rapidement sur ces considérations personnelles bien triviales (quoi que cela peut peut-être donner une certaine légitimité aux discours que je tiens sur le présent blog mais bon…). Vous avez dû, fidèles lecteurs, vous demander ce qui m’arrivais depuis quelques articles. Inquiets de nature que vous êtes et plein de sollicitude vous vous êtes même demandé si je n’étais pas un peu malade. En effet voilà plusieurs mois que je n’ai publié la moindre petite notule concernant les séries télévisées. Il faut préciser pour expliquer cela trois choses. Tout d’abord je n’ai pas qu’une passion dans la vie (ouah que d’infos personnelles aujourd’hui !) j’aime de nombreux domaines de la culture qui vont de l’histoire antique et moyenâgeuse et de l’art, à la philosophie en passant par la littérature et le cinéma. Il m’arrive donc parfois de ne pas regarder de séries et même de ne pas m’intéresser à leur actualité durant de longues périodes (je sais un mythe se brise, soyez forts !). Ensuite, la saison américaine des séries se finit tôt, en mai, et donc j’en ai terminé avec la découverte de nouvelles fictions et avec l’analyse des dernières tendances, mais croyez moi je m’en donnerais à cœur joie l’année prochaine. Pour finir, dans mon mémoire, je parle entre autre de séries et j’avoue que j’ai préféré en sortir un peu lorsque que je vous livrais ici mes analyses, car même passionné et parfois un peu monomaniaque, j’ai mes limites. Voilà pourquoi vous avez échappés à mes analyse sur les nombreux domaines que j’étudie dans mon travail de recherche (et puis en plus désolé mais mes meilleures idées j’ai préféré les mettre dans le mémoire). Après ce long préambule, je peux donc vous livrer ma dernière réflexion.

 

 Elle concerne une tendance séristique tout à fait intéressante pour qui comme moi apprécie ces fictions américaines (je répète pour ceux qui ont loupé un épisode que pour moi seuls les show d’outre atlantique méritent le titre de séries, en France on fait des téléfilms). J’ai l’air de me contredire je sais car je vous ai dit que toutes les tendances significatives avaient déjà été vues précédemment. Sauf que cette fois elle est française. Mais pour bien comprendre opérons un flash-back. Zioum ! (Mettez-y du votre, grattez une allumette pour faire un peu de fumée façon voyage dans le temps avec une machine rutilante). Dans les années 1980 les génériques de séries américaines étaient toujours doublés en français. Voire même le plus souvent on inventait un générique avec une mélodie et un chant absent des fictions U.S. Souvenez vous de Starsky et Hutch, de Dallas ou encore de l’inénarrable Agence Tout Risque, et bien figurez vous que si vous sifflotiez ces airs très célèbres chez nous à un américain, il ne les reconnaîtrait absolument pas. Eux n’aiment pas vraiment les chansons en générique, ils trouvent que ça fait vieillot et le trouvaient déjà à cet époque, mais nous, nous aimions, alors nous l’avons fait, avant, à notre tour, de trouver cela has been et de laisser les musiques originales (soit dit en passant on observe le même phénomène pour les titres, aujourd’hui on laisse la plupart des titres en anglais chose impensable –essayez de prononcer correctement Desperate Housewives du premier coup- il y a 20 ans et preuve de notre intériorisation toujours plus grande de la culture américaine j'y reviendrais)

Et bien figurez vous que sans prévenir, nous assistons en ce moment à un come back (ou « retour derrière ») de cette pratique perdue, preuve de plus s’il en fallait que la mode comme beaucoup d’éléments humains et naturels n’est que cycle perpétuel (à ce propos je fais de la pub pour ma presque ex université de Grenoble qui lors de l’un de ses colloques a traité de la question de l’importance des rythmes naturels dans l’origine de l’art reprenant les théories de Marcel Mauss). Comme toujours dans un retour il faut un pionnier qui par son succès entraîne les autres. Rappelez vous du succès de Notre Dame de Paris relançant la mode des comédies musicales, du succès de Spiderman provoquant une avalanche de superhéros cinématographiques loin d’être terminée, etc. Ce pionnier est la meilleure vente de single en 2006, il s’agit du rappeur définitivement grillé dans le milieu du Hip-Hop, Faf la Rage avec la musique de l’excellente série Prison Break. Je ne me prononcerai pas sur la qualité musicale du titre car ce n’est pas ma spécialité (et d’autres s’en sont chargés très bien à ma place), mais force est de constater que le succès conjoint du générique et du contenu de la série ont marqués cette saison télévisuelle du paf.

 

Et comme par hasard on apprend cette semaine que Tf1 toujours un peu à la ramasse d’M6 (le loft, les séries américaines, les téléréalité musicales, les émission de coaching…bon ce n’est pas que j’apprécie particulièrement ces programmes mais M6 a eu le mérite d’être la première à les lancer) mais qui sait comment faire à chaque fois plus fort a décidé de faire de même pour sa nouvelle série événement. Cette série c’est Heroes que je vous conseille plus que très vivement, je dirais même que c’est la meilleure série de l’année mais je ne suis pas très objectif : c’est une série de geek, par des geek pour des geeks, avec un geek parmi les personnages principaux (ou plus précisément un otaku sa version niponne mais ne pinaillons pas je l’ai déjà fait sur plus de 190 pages !). Cette série donc, très inspiré de l’esprit comics, qui met en scène des personnes ordinaires qui se découvrent des superpouvoirs et par la même un destin commun, ne possède en version originale aucun générique un peu à la manière de Lost, le titre s’affichant simplement sur un beau visuel très art contemporain mais qui se révèle un indice sur la fin (cherchez pas vous ne comprendrez pas avant le dernier épisode). Or Tf1 a donc décidé d’enregistrer un générique chanté. Cette chanson est interprétée par  Victoria Petrosillo qui est l’une des interprètes de la comédie musicale Le Roi Soleil (admirez la belle structure de cet article on en revient à ces spectacles !). Encore une fois je ne me prononcerais pas sur cette chanson (bouaaaarrrrk), cela n’est absolument pas mon propos (beeeuuurkkk) je m’en tiendrais donc à l’analyse de ce phénomène de retour (euuuuurk).

La question est pourquoi ce retour ? Je l’ai dit, tout ou presque est cyclique et donc comme le grand tremblement de terre qui détruira la Californie un de ces jours cela semblait inéluctable, mais pourquoi maintenant ? Je pense personnellement que l’explication est liée à ce que j’ai expliqué plus haut, l’intégration des productions artistiques américaine à notre vie quotidienne. J’ai expliqué plusieurs fois dans ce blog que depuis le milieu des années 1990 les séries américaines avaient dépassé en intérêt la plupart de la production cinématographique ou tout du moins elles font jeu égal (je ne suis pas pour les oppositions, je pense que les deux se complètent, le cinéma invente, mais la télévision permet de pousser plus loin les innovations faites sur le grand écran). Cela donne aujourd’hui de véritables chef d’œuvres (la meilleure étant pour moi à ce jour Nip/Tuck). Au début, l’intériorisation de la culture américaine a consisté à garder les titres originaux et à ne plus franciser les dialogues (j’ai déjà parlé de la disparition progressive de notre monnaie au profit du dollar comme signe de cette acceptation de la culture états-unienne). Aujourd’hui nous baignons dans les références américaines, nous les connaissons, il n’est plus besoin de faire de la pédagogie progressive, alors nous pouvons à nouveau les adapter à notre sauce pour en faire NOTRE série américaine à nous. Alors à quand le retour de la conversion euro/dollar dans les séries ? Je ne pense pas que cela ira jusque là (vous voyez un inspecteur de police payer son hot dog en plein manathan en disant "oh 3 euros mais ca augmente"? Non? Moi non plus, pourtant il n'y a pas si longtemps on convertissait toujours, rapellez vous de l'homme qui vallait trois milliard c'était en ancien francs!) mais cette tendance est en tout cas… à suivre

 

 

Publié dans Séries

Commenter cet article